Ecriture : Cave Canem 2/2

Publié le 13 Novembre 2012

Voici la suite et la fin de Cave Canem  (merci de respecter les droits d'auteur) :

 

cave canem

 

Mon amie était toujours en transe, quand nous arrivâmes chez nous. Je l’allongeai sur le canapé et allai chercher un verre d’eau. Lorsque je revins, Anna s’était endormie. Je sortis de la maison pour aller m’aérer l’esprit. Je fis le tour de la bâtisse et remarquai que le jardin était très mal entretenu : des ronces rampaient sur le sol, les fleurs étaient fanées, des empreintes de chien se distinguaient dans la boue, les arbres avaient perdu leurs feuilles, ainsi que des branches, la table de dehors n’avait plus que deux pieds et tenait appuyée sur un mur…

Soudain, un hurlement à vous glacer le sang, venu de l’intérieur de la maison, retentit. J’accourus au plus vite auprès de ma camarade. Malgré ma précipitation, j’aperçus d’un œil des traces de pas boueuses qui allaient jusqu’au chevet d’Anna. Sur le canapé, un liquide rougeâtre coulait de la jambe droite de mon amie. Elle criait à la mort. Vite, j’allai chercher des compresses et un calmant dans ma chambre. Je trébuchai sur une sorte de collier que je ramassai et mis dans ma poche. En sortant, je vis la fresque d’Ulysse. Son chien était-il si ébouriffé ? Et sa massue si sale ? Quand je revins, Anna s’était évanouie. Je m’empressai de lui bander la plaie. En observant attentivement, on pouvait distinguer  une morsure. Une morsure similaire à celle d’une bête carnivore…

  

             Dix minutes plus tard, elle se réveilla, comme sortie d’un horrible cauchemar. Je lui fis avaler des médicaments et la fis asseoir contre le dossier du sofa. Anna, encore toute brûlante, se laissait faire, telle une poupée désarticulée. Il régnait un silence pesant.

« -Sandy, finit-elle par dire, d’une voix tremblante. Sandy, je l’ai vu. Je l’ai vu de mes propres yeux !

- Qui donc ? la questionnai- je.

- Qui ? Tu devrais dire « quoi »? 

- Eh bien, quoi ?

- Le chien !

- Quel chien ?

- Celui du Poète Tragique. Celui de Pompéi !

- Je ne te suis pas trop... Ce n’était qu’un rêve !

- Un rêve ? Non. Ce n’en était pas un. La réalité, je te dis. La réalité ! »

Sur ces mots, qu’elle n’arrêtait de répéter, elle commença un récit, des plus fidèles que l’on puisse faire :

« - C’est à Pompéi que cela a commencé. Quand nous nous sommes arrêtées devant la Maison du Poète Tragique. Cette mosaïque sur le sol représentait un chien. Un chien vraiment magnifique. Sa position aurait pu faire croire qu’il était joueur, amusant, coquin. J’ai failli tomber dans le piège ! Car derrière cette apparence de jeu, en observant bien, on pouvait distinguer de la peur.

Tout passait par son regard : il exprimait autant de méchanceté que de colère. Autant de peine et de tristesse que de mépris et de pitié. Par ces yeux d’un noir sombre, on pouvait admirer une nuit noire, sans nuage, une de ces nuits dont on voudrait vite s’échapper, fuir. Mais aussi, de celles qui nous ensorcellent, qui nous attirent par leur calme, leur sérénité, leur silence. Peut-être un silence trop silencieux justement ! J’aurais voulu le délivrer de cette prison, de cet enfermement, pour l’éternité. Son pelage était d’un noir intense, marqué de deux taches blanches sur le corps et d’une, lui barrant la figure à la verticale, qui égayaient un peu toute cette ombre, toute cette solitude.

Subitement, je ressentis une grande pitié pour cet être vivant. J’aurais voulu aller rencontrer son maître, pour lui exprimer toute ma haine ! C’est ce que j’ai fait ! Ce matin, en apercevant la mosaïque, je suis allée frapper à la porte du domicile. Personne ne m’a ouvert. J’ai toqué une seconde fois. Toujours pas de réponse. Je me suis dit que je n’allais pas abandonner. Alors, j’ai essayé d’enfoncer la porte. Elle s’est ouverte sans peine. Dans l’antre, j’ai pu admirer de nombreuses fresques, représentant des mythes. En face de moi, il y avait une pièce. Je pouvais entendre, venue de l’intérieur, une voix qui criait et un gémissement. Plus la voix vociférait, plus le gémissement se transformait en aboiement. Soudain, la porte de la salle s’est ouverte, et un chien, un gros chien en sortit. Je n’ai eu aucun mal à le reconnaître : c’était celui de la mosaïque. Vite, je m’empressai de me cacher. Il était trop tard. L’animal me vit et se précipita droit sur moi. J’essayai de m’enfuir, mais il fut plus rapide que moi et je sentis une grande douleur traverser ma jambe droite. Je hurlai de toutes mes forces pour appeler à l’aide. Rien. Le chien avait lâché prise et je pus voir la cause de ma douleur : du sang coulait le long de ma jambe. Juste avant de m’évanouir, je vis un homme. Il était très beau : yeux bleus et cheveux blonds. C’est alors que je le reconnus : l’homme du guichet, à Pompéi ! Je l’entendis appeler son chien ; avant qu'il ne rejoigne son maître, j’ai pu voir son collier, un joli collier en cuir. Il y était écrit : ABRASSAS. Puis, plus rien... »

Après ce long récit, des questions se bousculaient dans ma tête, mais d’abord, une chose essentielle : ce n’était qu’un rêve, alors pourquoi l’avait-elle raconté avec tant de précision ?

« -Anna, lui dis-je, ne sais-tu pas que les rêves sont irréels ? Que tout ce que tu viens de raconter, c’est faux ?

- Faux ?

- Oui, faux. Ce n’est que le fruit de ton imagination. Quand nous étions devant la Maison du Poète Tragique, tu n’as pas bougé un cil ! Tu étais comme autre part, je l’admets. Mais jamais tu n’es entrée dans la villa. Et en plus, il n’y a plus de porte.

- Mais puisque je te dis que c’est vrai. Et la morsure ? Comment tu l’expliques ? Elle est bien réelle, elle est à ma jambe droite, comme je te l’ai dit ! Et aussi, l’Homme du guichet ? Il y était ! Je l’ai vu ! »

Je fis le tour de mes souvenirs et me rappelai la fresque murale dans une de nos chambres : Ulysse et son chien ! Lui aussi était blond au yeux bleus, et il avait de même un chien. Etait-ce une coïncidence ?

Je lui expliquai mon étonnement :

«- Quand je suis sortie dans le jardin, j’ai vu des traces de chien, dans la boue. Et quand je me suis précipitée à ton chevet, j’ai revu les mêmes. Et encore, dans ma chambre, le chien d’Ulysse était tout ébouriffé, alors que le premier jour, je crois qu’il était bien peigné.

- Peut-être. Mais, je te dis ce que j’ai vu. Ce ne sont sûrement que des coïncidences, comme tu le prétends, me répondit-elle sur un ton ironique. »

Peut-être avait-elle raison ? Qui sait ?

            Après cette débâcle d’une heure, j’allai nous préparer deux tasses de thé. C’est alors que, en passant devant l’entrée pour me diriger vers la cuisine, je me souvins du collier. Je le sortis de ma poche. Sur celui-ci, un collier de cuir, il était inscrit: ABRASSAS…

 

 

 

Ainsi se termine mon histoire ; j'espère qu'elle vous aura plu (sachant que je l'ai écrite à 14 ans hein) ^^

Rédigé par Léna

Publié dans #Ecriture

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Marine 17/11/2012 12:08


Je fais ça aussi :) Encore maintenant ! J'ai une énorme pochette avec des tonnes d'idées d'histoire, il y a certaines plus ou moins rédigées. J'écris des fanfictions aussi ! Ecrire me fait du
bien, ça me détend. Et je ne désespère pas de réussir à écrire un roman un jour ;)

Marine 16/11/2012 17:55


Le moment où ton héroïne apperçoit la fresque où les personnages semblent avoir bougé (en plus c'est dit tout en subtilité) m'a collé des frissons, je t'assure ! 


C'était une super histoire entre rêve et réalité, bien que dans le doute, je me serais tirée de la maison en vitesse à leur place !! 


La troisième place était plus que méritée en tout cas ! je ne peut pas juger par rapport aux autres, mais quand même !


Est-ce que tu écris encore maintenant?

Léna 16/11/2012 22:06



Merci beaucoup, ça me fais plaisir qu'elle t'ai plu ^_^ Non malheureusement, je n'ai guère écrit que cette histoire. Dans mes années collèges et un peu au lycée, j'ai commencé à écrire plein
d'histoires ; je mettais par écrit l'histoire des personnages, leur nom, âge, description physique et psychologique, etc ...mais je ne dépassais jamais 2 ou 3 pages ^^